Mississippi Burning (1988) de Alan Parker
Après avoir enchaîné les succès avec "Midnight Express" (1978), "Fame" (1980), "Pink Floyd : th Wall" (1982), "Birdy" (1984) et "Angel Heart" (1987), Alan Parker est contacté afin qu'il mette en scène un scénario écrit par Chris Gerolmo qui vient de signer "Rien à Perdre" (1988) de Gary Sinise. Le sujet est brûlant et revient sur l'affaire des Meurtres de la Freedom Summer (Tout savoir ICI !), ainsi ce film s'avère-t-il un digne successeur d'un autre chef d'oeuvre avec "Dans la Chaleur de la Nuit" (1968) de Norman Jewison. Rappelons que sur la même période de la fin des années 80 et sur un sujet similaire le film se situe entre "Cry Freedom" (1987) de Richard Attenborough et "Glory" (1989) de Edward Zwick, Réalisateur-scénariste revient donc aussitôt après dans le sud profond après une enquête sur des rites vaudou à la Nouvelle-Orléans. Le film est un joli succès et rapporte déjà 35 millions de dollars rien que sur le sol nord américain pour un budget de 15 millions, étonnamment le film reste par contre sur un scorer décevant en France avec moins de 700000 entrées France. En prime le film reçoit 7 nomination aux Oscars pur une seule statuette pour le lauréat de la meilleure photographie. La postérité confirmera le statut du film, une référence dans le genre... 1964, trois militants d'un comité de défense des droits civiques disparaissent mystérieusement dans l'état du Mississippi. L'affaire est d'autant plus particulière que les trois victimes sont deux blancs et un noir. Deux agents du FBI sont chargés de l'enquête, mais leurs méthodes aux antipodes créent des tensions. A peine sont-ils arrivés que leur investigation mène très vite vers le Ku Klux Klan dans une communauté très ancrée dans la cette organisation raciste...
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Les deux agents du FBI sont incarnés par le vétéran Gene Hackman star depuis "French Connection" (1971) de William Friedkin et "L'Epouvantail" (1973) de Jerry Schatzberg, puis le plus jeune Willem Dafoe révélation de "Platoon" (1986) de Oliver Stone et "La Dernière Tentation du Christ" (1988) de Martin Scorcese. Citons ensuite Frances McDormand révélée dans "Sang pour Sang" (1984) et "Arizona Junior" (1987) tous deux des frères Coen dont elle va devenir la muse et l'épouse de Joel Coen, Brad Dourif remarqué dans "Dune" (1984) et "Blue Velvet" (1986) tous deux de David Lynch et qui retrouve Willem Dafoe après leur début dans "La Porte du Paradis" (1980) de Michael Cimino, puis retrouve aussi après "Ragtime" (1981) de Milos Forman son partenaire Frankie Faison vu dans "Le Sixième Sens" (1986) de Michael Mann et "Un Prince à New-York" (1988) de John Landis, R. Lee Ermey devenu une icône de la guerre du Vietnam avec successivement "The Boys in Company C" (1978) et "Au Coeur de l'Enfer" (1984) tous deux de Sidney J. Furie, "Apocalypse Now" (1979) de Francis Ford Coppola et surtout "Full Metal Jacket" (1987) de Stanley Kubrick, Gailard Sartain apparu de "Nashville" (1975) de Robert Altman ou "Outsiders" (1983) de F.F. Coppola, Stephen Tobolowsky entre "La Folle Histoire de l'Espace" (1987) de Mel Brooks et "Comme un Oiseau sur la Branche" (1990) de John Badham, Michael Rooker révélé par "Henry, Portrait d'un Serial Killer" (1986) de John McNaughton et retrouvera dans "JFK" (1991) de Oliver Stone l'acteur Pruitt Taylor Vince qui retrouvera Willem Dafoe dans "Sailor et Lula" (1990) de David Lynch et surtout retrouve son réalisateur entre "Angel Heart" (1987) et "Bienvenue au Paradis" (1990), Badja Djola remarqué dans "Le Bateau Phare" (1985) de Jerzy Skolimowski ou "L'Emprise des Ténèbres" (1988) de Wes Craven, Kevin Dunn à ses débuts avant de confirmer avec "Blue Steel" (1990) de Kathryn Bigelow et "Le Bûcher des Vanités" (1990) de Brian De Palma, puis enfin Tobin Bell qui retrouvera Gene Hackman dans "Mort ou Vif" (1995) de Sam Raimi avant de marquer les esprits dans la saga "Saw" (2004-2023)... Dans le sud profond des Etats-Unis, la ségrégation est une institution encore bien ancrée dans les esprits, le Ku Klux Klan a encore un pouvoir certe marginal mais bel et bien puissant et encore une secte avec laquelle il faut compter. Cette histoire vraie a défrayé la chronique judiciaire à l'époque car elle a un paramètre inédit, si les assassins ont tué un jeune noir c'est malheureusement un de plus dans la longue liste des lynchages sudistes, mais cette fois il y a aussi deux victimes blanches. L'enquête est parasité par l'omerta imposée par le Ku Klux Klan, d'un côté via des consignes claires auprès de ses sympathisants, mais aussi par les autres habitants qui ont trop peur des représailles.
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Le seul mauvais point vient du point de vue qui se construit via les deux enquêteurs blancs du FBI, malgré leur désaccord ils sont honnêtes et font tout leur possible pour trouver les coupables mais comme le rappelle l'historien Howard Zinn, conseiller du SNCC ("Comité de Coordination Non-Violent des Etudiants" mouvemant afro-américain des droits civiques dans les années 60) à l'époque : "nous savions que leur conduite avait été scandaleuse - à l'image de celle du gouvernement fédéral en général - lorsque ces trois jeunes avaient disparu". Ainsi, les enquêteurs à l'époque ont fait un travail bâclé, et placer deux enquêteurs comme personnages principaux et "professionnels" peut en effet être légèrement insidieux. Pourtant, le film reste passionnant, d'abord comme hommage à ces victimes et leur combat, puis comme une immersion terrifiante dans une région empoisonnée par l'autorité du Ku Klux Klan et surtout par leur impunité. Des décennies de culture esclavagiste a façonné des états sudistes ancrés dans un passé nauséabond que le film retranscrit parfaitement. Le duo de flics Hackman-Dafoe fonctionne à merveille, et montre aussi deux facettes de l'Amérique blanche, entre autre qu'on peut être "un peu raciste" mais assez professionnel pour faire son boulot (Hackman). Précisons, que ce film a permis de réouvrir l'enquête qui mènera à l'arrestation et la condamnation du principal suspect 40 ans après les faits ! Un film sombre, sans concession, maîtrisé qui mérite clairement d'être vu et revu.
Note :
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